Pendant longtemps, les zones humides littorales ont été aménagées, endiguées ou séparées de la mer afin de faciliter certaines activités humaines : agriculture, urbanisation, infrastructures ou gestion hydraulique. Ces transformations ont profondément modifié le fonctionnement naturel des milieux. Aujourd’hui, dans de nombreux territoires, des projets de « reconnexion à la mer » voient le jour. Leur objectif est de redonner davantage de place aux échanges naturels entre l’eau douce et l’eau salée, afin de restaurer le fonctionnement écologique des espaces littoraux et d’améliorer leur résilience face aux changements climatiques.
Sur la Réserve naturelle, un certain nombre d’aménagements entrepris à partir de la fin du XIXe siècle ont profondément modifiés le fonctionnement naturel du Loc’h : une digue entre l’actuel Petit Loc’h et Grand Loc’h aujourd’hui route communale, l’ouvrage et ses clapets à marées bloquant la connexion avec la mer, la route littorale, les extractions de sable sur le Petit Loc’h ou encore le creusement de canaux et fossés drainants sur le Grand Loc’h. Aujourd’hui, grâce aux actions de gestion débutées à partir de 1994 par la FDC56, le Loc’h offre néanmoins des conditions d’accueil favorables à une biodiversité spécifique et un paysage apprécié localement.
Depuis 2012, la réflexion de la « reconnexion à la mer » s’inscrit dans le cadre plus large de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), qui vise à préserver et restaurer le bon état des rivières à l’échelle européenne. En effet, en bloquant la connexion de la Saudraye avec la mer, l’ouvrage sur la plage du Loc’h ne permet pas la libre circulation des espèces biologiques (notamment pour anguille, truite de mer et espèces holobiotiques) notamment parce qu’il perturbe leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation et leur abri. Il empêche également le bon déroulement du transport naturel des sédiments. Juridiquement, il est ainsi considéré comme « obstacle à l’écoulement » (ROE58450) et doit être aménagé dans l’objectif de restaurer les continuités écologiques et sédimentaires (article n°1 et n°4 de l’arrêté du 10 juillet 2012) du petite fleuve côtier de la Saudraye.
Comme tout projet de transformation d’un territoire, la reconnexion à la mer suscite de nombreuses interrogations. À quoi ressemblera le Loc’h demain ? Quelles seront les conséquences pour les oiseaux, les poissons, la végétation ou les moustiques ? Les paysages vont-ils changer ?
Cette foire aux questions a pour objectif d’apporter des éléments de compréhension sur le projet. Les réponses proposées s’appuient sur les études réalisées sur le Loc’h ainsi que sur les retours d’expérience de nombreux projets de restauration de marais littoraux et d’estuaires menés en France et en Europe depuis plusieurs décennies.
Pour des demandes de précisions complémentaires, n’hésitez pas à nous joindre par e-mail : reconnexion@reservenaturelleduloch.fr
