Les oiseaux d’eau hivernants
Chaque hiver, la Réserve accueille de nombreux oiseaux d’eau profitant des habitats calmes et riches en nourriture qu’offre la zone humide. Parmi les espèces les plus régulièrement observées figurent le Canard colvert, la Sarcelle d’hiver, la Foulque macroule et le Vanneau huppé qui trouvent dans les eaux peu profondes de quoi s’alimenter et se reposer. Hérons cendrés, Grandes aigrettes et Aigrettes garzettes fréquentent également le site, à l’affût de poissons ou d’amphibiens. Le Canard souchet affectionne les mares qu’il explore avec son bec si particulier accompagné au cœur de l’hiver par les Canards siffleurs. Hivernante régulière ces 20 dernières années, l’Oie cendrée ne semble plus trouver les conditions optimales à son hivernage sur la Réserve. Seuls quelques individus utilisent ponctuellement le site. Année après année, la Bécassine des marais fréquente les prairies humides et les fossés inondés, où elle sonde le sol de son long bec à la recherche de vers et de larves. Espèce discrète et parfaitement cryptique, elle se laisse rarement observer en dehors de ses vols bruyants. Quelques individus de Butoir étoilé semblent hiverner sur le site en utilisant également les roselières bordant l’étang de Lannénec, situé à quelques centaines de mètres.
Les oiseaux nicheurs des roselières
En période de reproduction, autour des prairies et des mares, les roselières constituent des habitats précieux pour de nombreuses espèces de passereaux au premier rang desquelles nous y trouvons le Phragmite des joncs et la Rousserolle effarvatte. Après avoir hivernés en Afrique tropicale et traversés le désert du Sahara, ces minuscules oiseaux regagnent leur site de reproduction à partir de la fin mars. Leur chant égaie les monotones roselières. À partir du mois de juillet et après avoir élevé un, deux ou trois jeunes, ils regagnent leurs quartiers d’hivers africains. Le Bruant des roseaux n’est pas, paradoxalement, inféodé aux roselières. Ils les utilisent au même titre que les milieux adjacents comme les fourrés et prairies. À l’inverse des premières cités, cette espèce est sédentaire et on la rencontre également l’hiver. La Gorgebleue à miroir va privilégier les roselières de tout type, y compris la cariçaie basse. Il est également possible de l’observer chanter perchée sur un fourré de prunelier. La rare Locustelle luscinoïde complète le cortège des passereaux paludicoles. Cette espèce très furtive dans les denses roselières a un chant très particulier qui permet sa détection. Une autre espèce que l’on va rencontrer, et surtout entendre, au bord des roselières est le Râle d’eau. Cette espèce craintive se laisse observer que très rarement, mais son cri qui s’apparente plus à un grognement étrange, trahit sa présence.
Les rapaces
La diversité des habitats présents sur le site attire également plusieurs espèces de rapaces, qui trouvent dans ce paysage ouvert des zones favorables à la chasse. Le Busard des roseaux, lié aux milieux humides, survole les mares et prairies à la recherche de petits rongeurs ou d’oiseaux blessés. Le Faucon crécerelle est souvent observé en vol stationnaire, scrutant le sol pour capturer un mulot ou un gros insecte. La Buse variable, quant à elle, profite des bosquets et lisières pour établir son territoire et chasser dans les prairies. L’Epervier d’Europe, discret mais terriblement efficace, explore préférentiellement les lisières et les haies, mais peut parfois être observé chassant au-dessus des mares. Occasionnellement, le Balbuzard pêcheur peut être aperçu en halte migratoire, plongeant dans les eaux pour capturer un poisson. Le Hibou des marais, plutôt très rare sur la Réserve, peut parfois être observé en automne ou en fin d’hiver chassant en plein jour au-dessus des prairies. A la nuit tombé, les rapaces nocturnes prennent le relais. Chouette hulotte et Effraie des clochers profitent des lisières et des prairies ouvertes pour chasser les micromammifères.